Actualités

Cérémonie du 8 mai

Cérémonie du 8 mai

CÉRÉMONIE DU 8 MAI 2018


Alain CASONI
Maire de Villerupt
Vice-Président de la C.C.P.H.V.A.
Conseiller Départemental de Meurthe et Moselle.


Mesdames et Messieurs les élus/es,
Mesdames et Messieurs les Représentants de la sécurité publique et de la sécurité civile,
Mesdames et Messieurs les Représentants d’établissements scolaires et d’associations,
Mesdames et Messieurs les Représentants d’Anciens Combattants,
Mesdames et Messieurs,
Chers ami/es,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble la fin d’un conflit dévastateur qui plongea le monde entier dans le chaos et le marqua à tout jamais.
C’était le 8 mai 1945 : l’Allemagne nazie capitulait enfin après 6 années de combats atroces et de barbarie totale, qui coutèrent la vie à près de 60 millions de personnes, civils et militaires, en Europe.
C’était il y a 73 ans jour pour jour.
73 ans déjà… Cette période s’éloigne inexorablement de nous, il n’en est que plus essentiel d’entretenir son souvenir.
Hélas, certains événements, mêmes dramatiques, sombrent parfois dans l’oubli, s’effaçant peu à peu des mémoires des plus jeunes.
Le souvenir de cette guerre et de ses abominations ne peut pas, ne doit pas disparaître.
Je pense bien sûr d’abord aux millions de déportés : juifs, tziganes, handicapés, homosexuels, opposants politiques que la barbarie hitlérienne a exterminés.
Alors que nous venons de commémorer la libération des camps, il convient de rappeler le souvenir des victimes de ces atrocités, celles et ceux à qui l’idéologie nazie réservait la mort et de cruelles souffrances.
Nous sommes tous concernés par le souvenir de ces visions d’horreur car elles ont à jamais marquées plusieurs générations. Certains de nos concitoyens la portent douloureusement dans leur mémoire familiale.           

Mais bien sûr nous sommes tous concernés, nous citoyens, nous membres égaux de l’humanité.
 
Je pense également et avec un souvenir aussi fort aux soldats des armées régulières et aux combattants de l’ombre, résistantes et résistants, qui ont contribué au péril de leur vie à construire la victoire. Ils se sont retrouvés malgré eux plongés dans la folie de cette guerre.
Au cruel palmarès des nations martyres figure un pays qui payera plus que tout autre la volonté hégémonique de l’Allemagne sur l’Europe ce fût le peuple de l’ex Union soviétique.
Elle mena une guerre de libération nationale durant laquelle plus de 21 millions de ses enfants laissèrent leur vie.
Les peuples des Etats-Unis et de la courageuse Grande Bretagne paieront aussi chèrement cette victoire contre les nazis.
Le prix du sang pour la liberté scelle à tout jamais des liens de solidarité entre tous ces peuples.

Ils étaient donc français, soviétiques, anglais, américains, algériens, tunisiens …beaucoup étaient très jeunes… trop jeunes pour être témoins ou victimes de ces tueries absurdes et sanguinaires. Ils se sont sacrifiés pour nous, pour leurs enfants, pour nos enfants.
L’an dernier, nous célébrions, ici même, le 73e anniversaire de la Libération et rendions un hommage tout particulier à ces héros qui ont laissé leurs vies.
Rappelons-nous qu’ils sont morts pour que vivent nos idéaux de Liberté, d’Egalité, de Fraternité.
Souvenons-nous toujours que c’est au courage de ces hommes et de ces femmes que nous devons notre chance de vivre dans un pays libre. Ensemble, rendons-leur l’hommage qui leur est dû.
 
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine » écrivait Aragon.
A défaut d’une telle chimère, utilisons l’arme qui est à notre portée : la transmission de la mémoire.
Nous ne saluerons jamais assez le travail remarquable réalisé par les associations d’anciens combattants, les équipes éducatives et tous les citoyens engagés pour expliquer, éclairer, transmettre la mémoire des conflits mondiaux.
Au-delà, l’investissement de chacun est indispensable pour faire reculer le révisionnisme, le racisme, l’antisémitisme. Toutes ces idées néfastes existent encore bel et bien, en dépit de l’arsenal juridique qui est le nôtre et en dépit de toutes ces voix qui s’élèvent régulièrement pour dénoncer les résurgences de la haine.
Ayons toujours présent à l’esprit combien la défiance vis-à-vis d’une classe de politiciens incapables à régler leurs problèmes, à régler le chômage de masse et la misère, la souffrance sociale nés dans la crise financière de 1929, ont contribué à précipiter le peuple allemand dans les bras d’Hitler et du nazisme.
Beaucoup trop de nos concitoyens se laissent attirer par des discours qui, au nom de l’exaltation patriotique, de la peur de l’autre, de la promotion sans retenue de l’individualisme et des « premiers de cordée » font l’impasse sur les souffrances économiques et sociales qui affectent la vie quotidienne d’un nombre grandissant de nos concitoyens. Comme ils font l’impasse sur le lien étroit entre la richesse de plus en plus insupportable accumulée et accaparée par une poignée de privilégiés et le nombre grandissant de sans-abris, de sans emploi, de familles vivant sous le seuil de pauvreté, de jeunes en difficultés qui caractérise aujourd’hui la France et de plus en plus de pays en Europe.
Comme ils sont aveugles et sourds à la part que prennent les conséquences des politiques économiques libérales dans la montée de l’extrême droite et de la droite extrême dans de trop nombreux pays en Europe et au sein même de l’Union Européenne.
Pour comprendre ces difficultés et ce phénomène gardons présent à l’esprit, qu’il y a 1 800 000 millionnaires habitant en France en 2015, ….. que la richesse des milliardaires français a été multipliée par trois entre 2007 et 2017…. que la France est le pays d'Europe qui a le plus fortement rémunéré les actionnaires des grandes entreprises capitalistes et multinationales….qu’en 2017, les 10 % de Français les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres en ont pas même 5 %.

Dans une période où ces inégalités et ces injustices peuvent devenir des moyens d’activer la peur de l’Autre, le repli sur soi et l’individualisme, il n’y a pas de plus juste devoir que d’agir, unis, pour la justice et mettre l’humain au cœur de toutes les décisions et les actions.

Ces valeurs, nos ainés les ont défendues dans leur chair et au prix de leur vie. Ils les ont portées pour ouvrir de nouveaux horizons et jeter les bases d’une République plus robuste.
C’est ainsi que le Conseil National de la Résistance adoptait, le 15 mars 1944, un programme ambitieux qui déboucha au fil du temps, dans un pays ruiné et rendu exsangue au sortir de la seconde guerre mondiale, sur le modèle civique et social de notre pays :

*des mesures politiques, comme le rétablissement de la démocratie, du suffrage universel et de la liberté de la presse ;
*des mesures économiques, caractérisées par « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », ce qu'on appellera généralement les nationalisations, et qui est exprimé dans le texte comme « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » ;
*des mesures sociales, dont un rajustement important des salaires, le rétablissement d'un syndicalisme indépendant et des délégués d'atelier et « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ».

Ces principes, ces valeurs qui inspirèrent les auteurs de ce programme du C.N.R. puis ceux qui, rassemblés dans leur diversité politique, le mirent en œuvre méritent de rester une source d’inspiration tant il est vrai qu’ils furent une source de réussite pour notre pays.
A l’heure où l’ambition de ceux qui nous gouvernent ne vise qu’à détricoter et tirer un trait mortel et définitif sur l’ensemble des avancées sociales et démocratiques dont ce programme était porteur, la seconde guerre mondiale dont nous célébrons aujourd’hui la fin, ses causes et ses signes avant-coureurs, devraient les conduire à cesser d’être aveugle et ignorant de notre histoire comme des causes ayant conduit notre pays et notre continent à subir les moments les plus dramatiques et douloureux de leur histoire.

 Les rédacteurs du Programme du Conseil National de la Résistance avaient intitulé ce document, tout simplement : « Les jours heureux ».
Ils avaient un rêve: rapprocher les Hommes par la justice, la solidarité, la démocratie afin la France puisse contribuer à enraciner durablement la Paix sur notre continent.
 La Paix… à nous de la préserver et de porter haut et fort les valeurs républicaines et démocratiques que nos ainés nous ont léguées.

Je vous remercie.






discours du Maire

Date de publication :
15 mai 2018 - Communiqué

 

À voir aussi
dans l'actualité de Villerupt :
  16
déc
Communiqué
Demandes d'actes d'état civil : attention arnaque !
  27
fév
Communiqué
Fermeture hebdomadaire ETAT CIVIL
  12
avr
Actualité générale
REVISION DES ORIENTATIONS STRATEGIQUES DU GECT ALZETTE BELVAL
  14
avr
Nouveauté
PETAL
  20
avr
Nouveauté
Aide au départ en vacances

 

retour à la liste complète